Nouvel extrait : une rencontre intrigante

recontreÉmily et Élysabeth se côtoieront dans cette histoire et pourtant, elles ne vivront pas à la même époque. Nous les suivrons dès l’âge où les premiers amours naissent, jusqu’au début de leur vie d’adulte. Mais qu’auront-elles en commun? Il faudra lire le roman pour le découvrir. Voici un court extrait où Émily, jeune fille fonceuse et intrépide, fera une rencontre intrigante… 

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Le bonheur d’écrire

Créer des phrases, des ambiances, des personnages, des dialogues… tout cela sous nos doigts. C’est la magie d’écrire.

Découvrez comment Annie expérimente ce bonheur.

 Le bonheur d’écrire!

 Le bonheur d’écrire, c’est aussi la visite de cet inconnu en nous que nous ne connaissons pas.

Extrait : Le travail du poète (1953), Claude Roy

 

Enfin, c’est l’heure!Bonheur écrire

Planifié depuis quelque temps à mon agenda, voici le rendez-vous que je me suis accordée pour prendre un temps d’écriture. Je me dirige vers mon bureau de travail et je prends soin de déposer au pied de la porte  l’habit « d’Annie la rationnelle ».

Assise à la table, café à la main, je suis accompagnée de ma fidèle complice, ma petite chienne Soya. L’instant de quelques respirations lentes et profondes, je laisse mon corps se déposer sur la chaise. Mes yeux apprivoisent de nouveau mon environnement et je redécouvre les bruits ambiants. Mes sens se dégourdissent lentement. Ces gestes qui peuvent paraître banals me permettent de glisser doucement dans mon univers littéraire.

Mon imaginaire divague comme il le désire. Timidement, des idées, des images, des sujets s’approchent de moi. Mes mains se déposent sur mon clavier et tapent des phrases qui parfois n’ont pas de sens. Elles ont affaire à être rapide, ces mains, car mon souffle créatif s’amuse à propulser une avalanche de mots dans ma tête.

Plus les minutes passent, plus mon esprit et mon corps deviennent fébriles, car l’histoire à raconter se concrétise. Je sens l’énergie circuler à grande vitesse dans tous mes membres et  mon visage est illuminé par le bonheur que me procure cet exercice littéraire.

Brusquement, je suis distraite par une sensation inconfortable. Mon style d’écriture se modifie et j’ai le cœur qui bat la chamade. J’ai la visite de cette étrangère qui désire participer à l’élaboration de mon histoire. Malgré ma force de caractère et mon inquiétude, je suis incapable de dire non à cette mystérieuse que j’ai baptisée affectueusement «Annie l’audacieuse».

Dès lors, l’histoire prend un nouveau tournant, une nouvelle dimension en lien avec la couleur que ma visiteuse désire y mettre. « Annie l’audacieuse» aime faire apparition lorsqu’elle trouve que ma créativité n’est pas à son apogée. Ébranlée dans mes croyances d’auteure junior et ayant peur d’aller trop loin dans mes propos, elle  me réconforte en me soufflant à l’oreille de lui faire confiance. De me faire confiance.

C’est à ce moment qu’une magie s’installe. Les paragraphes qu’elle impose m’amènent à écrire sur des sujets qui sont loin de mes valeurs, de mes convictions et parfois même de mon langage courant. Sans jugement, elle nous accompagne, mes personnages et moi, dans ces aventures.

On se met au travail de façon rigoureuse. Je la laisse me guider. Elle me suggère des mots dérangeants, je les efface. Elle insiste pour que je recommence et même amplifie l’audace. Je grimace. Je les inscris de nouveau, ça me fait pleurer. Elle me fait comprendre que c’est pour le bien de l’histoire et pour capter l’intérêt du lecteur. Je dois admettre qu’elle a raison.

Le récit est presque complété. Il reste à travailler les structures de phrases, l’orthographe et faire les derniers ajustements. Fière de notre travail accompli, je voudrais la remercier d’avoir partagé ce moment de bonheur. Mais ma complice d’écriture imaginaire s’est esquivée en laissant la place à « Annie la rationnelle ». J’ai confiance qu’elle sera de retour lors de mon prochain rendez-vous d’écriture.

Annie Gingras