Les histoires que je me raconte ou Les histoires que je raconte

Bouddha

Dans les classeurs de mon précieux cerveau se trouvent des dizaines d’histoires qui attendent leur tour pour prendre forme. Elles émergent parfois facilement et à d’autres moments, elles doivent patienter. J’ai déjà mentionné dans un autre billet de ce blogue à quel point le processus de créativité peut se faire désirer. Je dois apprendre à respecter cette lenteur, mais de là à me retrouver en arrêt de travail, c’est une tout autre histoire! Derrière ces blocages créatifs se cachent trop souvent des justifications, des histoires redondantes qui jouent en boucle dans ma tête.

 

Mon cinéma maison

 J’ai en réserve quelques bons scénarios pour justifier cette relâche créative :

Ce n’est pas normal d’être aussi lente. Je mets des heures à démarrer, des jours à pondre une idée potable, des mois à finaliser un texte qui fait mille mots tout au plus… misérable tite tortue!…….. Des génies comme Gabrielle Roy ou Michel Tremblay sont nés plume à la main, bourrés d’un talent naturel. Je n’ai rien de tout ça, une véritable page blanche ambulante!……….Les écrivains pur sang s’installent dans une maison ancestrale face au fleuve et ils rédigent sans arrêt du matin jusqu’au soir. Ça sort par tous les pores de leur peau. Ils sont si heureux et comblés par leur « béatitude écrivante » et leur source ne se tarit jamais. Moi j’habite une grande ville et je m’éparpille dans toutes les directions. Pauvre girouette affolée!……….Et puis écrire, c’est tellement futile pendant que le monde va si mal, que monsieur Couillard multiplie ses austérités, que la guerre fait rage sur le globe….

 Je vous fais grâce de la suite, trop ennuyant. Et en plus, toujours la même conclusion copiée-collée : « Jamais je n’y arriverai! » Eh bien! Rien de plus certain si je ne fais pas un premier pas!

 

Moment crucial 

 Ma plume paralysée se retrouve à la croisée des chemins. J’écris ou pas? C’est oui ou non? Trop simple! Et le choix m’appartient en plus! Voilà qui me cloue le bec! Si le oui l’emporte, je dois ipso facto « m’auto bousculer » et pour ça, il n’existe qu’une solution (pas vingt-cinq!) : m’assoir et écrire. Alors action!

 

L’écriture : une discipline

Demandez à un coureur de marathon ce qu’il advient lorsqu’il prend une pause d’entraînement ou au pianiste, s’il ne joue plus? Il faut peu de temps pour perdre les bénéfices acquis depuis des années! Et pour reprendre? Ils recommencent par la base : la période d’échauffement. Le marathonien se remettra au footing, le musicien aux gammes et la chanteuse pratiquera ses vocalises. Idem pour l’écriture.

Les histoires que je me raconte

Alors je sors l’artillerie lourde : un bon vieux cahier Canada et un Bic pointe fine et j’attise la machine.

Le but est de laisser jaillir l’énergie coincée. J’écris des pages totalement débridées, spontanément, sans arrêt, sans sujet précis. J’oublie le chronomètre ou le nombre de pages à remplir : zéro objectif. J’utilise toutes sortes de démarreurs : la technique de pages du matin de Julia Cameron, une photo qui m’inspire, les paroles d’une chanson, un extrait choisi au hasard dans un roman, ou des mots à la pige dans le dictionnaire… Les démarreurs existent à l’infini. Écrire, écrire, écrire sans aucune retenue ni censure. Au diable la grammaire, les belles phrases, la cohérence.

 

La création d’un univers

 De ce chaos, une matière prendra forme. J’y choisirai quelques phrases ou idées pour ma réserve, parfois la manne, parfois la parcimonie, peu importe. J’ai un grand respect pour cet exercice. Il m’insuffle l’élan recherché et comme le coureur atteignant sa vitesse de croisière, le bien-être tant convoité s’installe. Soulagée d’être enfin sortie de ma torpeur, je laisse jaillir les histoires en attente. La vie se crée.

Lorsque j’ai fini de me raconter des histoires, je peux enfin en inventer. Il faut beaucoup de ténacité et d’ardeur au travail pour réaligner mon mental égaré vers l’écriture. Ce n’est pas toujours le Nirvana, mais quand même, quelle joie quand la machine se remet en marche!

 

Danielle Hudon

 

 

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Tendresse pour l’humanité, un texte de Mariko

Il y a quelques années, Mariko pexels-photo-mediuma commencé à écrire ce qu’elle appelle des scènes de métro, de brèves descriptions de ce qu’elle perçoit lorsqu’elle prend le transport en commun à Montréal. Ces histoires sont véridiques, à quelques détails près. Souvent touchantes, parfois choquantes, ces scènes portent toutes à réfléchir ou à faire sourire. Nous vous invitons à nous laisser un commentaire pour nous dire laquelle vous préférez.

Pour lire les sept petits textes de Mariko, cliquez sur le lien suivant. Tendresse pour l’humanité.