Dix pourcent

Pourquoi 10%En mars dernier, Radio-Canada diffusait un reportage sur les maisons d’édition. Si vous ne l’avez pas vu, je vous invite à suivre le lien pour y accéder. Dans cette émission, on révèle que des maisons d’édition demandent aux écrivains de débourser plusieurs milliers de dollars pour publier leur livre et dans certains cas, on paye les auteurs avec le fruit de leur propre labeur. Les plus chanceux reçoivent dix pour cent des profits générés et cela, quand ils l’obtiennent. Comme bien des gens, j’ai été scandalisée de voir à quel point on exploite le rêve des auteurs. Mais au-delà de ces frustrations, une question a surgi en moi :

Pourquoi les auteurs n’ont-ils droit qu’à dix pour cent des profits?

De là ma réflexion.

À la base, pour gagner sa vie, il faut travailler et cela n’est pas toujours agréable, peu importe le domaine. D’accord, écrire procure beaucoup de plaisir. Pourtant, il existe des passionnés dans toutes les sphères de métiers et ils obtiennent un plein salaire pour l’exercer. Alors la réponse n’est pas là.

Un métier doit être utile à la société, voire même nécessaire. L’apport de l’auteur n’est pourtant pas inutile. Pour m’en convaincre, je me suis penchée sur les grandes sphères des professions.

libre fleur

En santé, on guérit des patients et l’on sauve des vies. Un livre ne peut en faire autant… Dans ce cas, pourquoi les auteurs qui témoignent de leur vie truffée d’épreuves vendent-ils autant de livres? Combien de leurs lecteurs disent avoir été sauvés par leurs histoires?

Les gens en éducation aident les enfants à s’instruire et à grandir. Les livres aussi! D’ailleurs, ne sont-ils pas la base de l’éducation? Nous avons tous appris à lire, à écrire et à compter à l’aide de livres. Sans eux, l’apprentissage serait beaucoup plus ardu!

Dans la construction, on érige des immeubles pour se protéger des assauts de Dame Nature et agrémenter notre confort… Quoi de mieux qu’un bon roman pour enjoliver notre vie et passer au travers les journées froides et pluvieuses?

livre soleil


Que ce soit devant le petit et le grand écran, ou simplement à la radio, les chanteurs et les comédiens, nous font vivre des émotions, ils nous divertissent, ils nous font rire et pleurer… Les livres également!

Les commerçants, peu importe leur domaine, contribuent à combler de petits et de grands besoins. La lecture aussi répond aux petits et grands désirs: apprendre, se divertir, rêver, voyager…

Si l’apport d’un auteur est tout aussi important que les nombreux métiers comblant notre existence, pourquoi alors, gagne-t-il à peine dix pour cent des profits?

Serait-ce qu’écrire ne demande pas d’efforts? Tous les écrivains savent combien la tâche s’avère parfois éprouvante et complexe. Entre le moment où l’idée jaillit et celui où elle se retrouve sur papier, il y en a des heures, voire des années de recherches, de réflexion et de corrections.

Finalement, j’ai beau creuser et fouiller, je n’ai pas de réponse. Les écrivains devront-ils cesser de créer pour qu’on reconnaisse enfin leur valeur?

De mon humble point de vue, la valeur du travail des auteurs est nettement supérieure à dix pour cent!

Isabelle Lord

perroquet

 

 

Publicités

8 réflexions sur “Dix pourcent

  1. 10% …c’est peu pour rémunérer le talent,la création, l’inventivité !

    Sans les livres, que serions-nous, que ferions-nous, qu’aurions-nous appris ? Certainement pas 10% de ce que nous savons aujourd’hui !

    Continuez d’écrire, nous serons toujours plus de 10% à vous lire et à être ravis

    Aimé par 1 personne

  2. Peu importe que l’importance du livre ne se situe qu’au niveau de la distraction, de la relaxation et du rêve. C’est honteux que les maisons d’édition, souvent le seul moyen pour un auteur d’être publié, s’approprient le fruit de l’écrivain. L’écriture d’un livre compte certainement pour 90% du travail, le reste allant à l’édition , l’impression et la distribution. Bien sûr qu’il y a des coûts reliés à ces ultimes étapes, mais les années de vache maigre d’un écrivain en production doivent être rémunérées également, ne serait-ce que pour rembourser le beurre d’arachides !

    Aimé par 1 personne

  3. Je suis de ceux et celles qui crois que le rôle de l’édition traditionnelle a grandement changé depuis les cinq, voir les dix dernières années. Avec l’explosion de l’auto-édition et de publication maintenant disponible sur le web, L’auto-édition peut s’avérer être une avenue beaucoup plus avantageuse que de passer par un éditeur traditionnel. Le temps d’attente est de loin plus rapide, les frais sont relativement minimes et les royautés nettement plus avantageuses.

    Moi-même en voie de publier mon tout premier livre, j’ai longtemps pesé dans la balances les avantages de l’un par rapport à l’autre. Force est de constater que la publication numérique est le choix que j’opterai sous peu.

    L’édition traditionnel peut quand joué un grand rôle sur le long terme. Si mon livre connait un grand succès sur le web (comme , par exemple, devenir un « bestseller ») mon pouvoir de négociation avec l’éditeur en sera grandement amélioré, au point où il se pourrait que ce soit l’éditeur qui ait envie de me solliciter pour publier mon oeuvre au lieu de l’inverse. Ce qui est, en soit, une opportunité plus intéressante…

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s