Le bébé d’Élyse

Tout le monde le dit, avoir un enfant, ça change une vie. Et être responsable d’un enfant dans la vie de tous les jours, c’est sans doute plus facile à dire qu’à faire.

Mais comment savoir si on fera un bon parent? Doit-on vraiment se fier aux commentaires de notre entourage? Anne-Marie s’est penchée sur la question en écrivant une histoire qui vous fera passer par toute une gamme d’émotions.

Pour lire le texte d’Anne-Marie, cliquez sur ce lien : Le bébé d’Élyse

Bonne lecture!

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Des histoires de Noël

À l’approche de Noël, les Filles ont eu envie de vous écrire des petits textes pour vous mettre dans l’esprit des Fêtes. Nous espérons que nos mots vous réchaufferont le cœur et que votre temps des Fêtes sera rempli de moments de bonheur! 

Pour lire notre petit livre d’histoires de Noël, cliquez sur le lien suivant:

Des histoires de Noël 

 

Portrait de l’auteure Mariko Beaupré, la guerrière tendre

J’ai fait la connaissance de Mariko lors d’un cours intensif de textes de création. Cette grande jeune femme m’avait d’abord intriguée par son engagement passionné dans les discussions et par l’intensité de ses textes, qu’elle lisait avec une grâce ingénue malgré des thèmes difficiles et dérangeants. Mais c’est avec ses haïkus qu’elle m’a définitivement conquise, petits poèmes remplis d’humour savoureux et d’une force implacable.

Voilà la magie de son écriture, que j’appelle « la petite musique de Mariko » : des mots qui s’égrènent avec douceur et qui, sans en avoir l’air, finissent toujours par nous asséner un direct en plein cœur.
Voilà maintenant l’auteure, benjamine des Filles du café, que j’appelle secrètement « La guerrière tendre ». Parce que sa grande douceur côtoie une force de résilience impressionnante. Et que sous son rire cristallin se cache le cri d’une combattante.

 

Écrire pour dire et embellir la vie

« J’ai commencé à écrire à l’été de mes 11 ans. Je tripais sur les Indiens, alors j’ai commencé à écrire une histoire d’Amérindiens, une histoire de vengeance, dans laquelle le héros menait une quête solitaire. Puis, un poème sur la neige, sur la beauté de la neige, qui était embellie par mes mots. J’ai alors compris que l’écriture permet d’amplifier les émotions, les rendre visibles pour les autres. »

 

La lecture est au centre de la vie de la fillette, elle va même jusqu’à lire très tard dans la nuit, en cachette sous les couvertes avec une lampe de poche… comme dans les livres! Anne aux pignons verts devient son livre culte. « C’est la première fois que la lecture me proposait un monde plus intéressant que la vie! » Et Mariko avoue qu’elle s’identifie de bien des façons à l’héroïne. « J’ai grandi avec six frères, alors j’ai, comme elle, voulu prouver que j’étais aussi bonne que les gars. Ça a d’ailleurs alimenté mon côté féministe (sourire).  Sa touche humaine, son romantisme, sa façon de vivre dans sa tête, c’est moi tout craché! Je me suis retrouvée également dans son exaltation, son idéalisme. »

 

Collectionneuse de mots

Les mots la fascinent tant qu’elle collectionne ceux des autres, qu’elle consigne dans son carnet de citations. « Je collectionne les mots comme d’autres les papillons. Mon carnet regorge de phrases qui me touchent, qui résonnent tellement vraies! Ça m’impressionne de voir que des gens ont trouvé les mots pour décrire la façon dont je me sens exactement. Ça me rassure. » Parmi ses préférées : « L’art est une blessure qui devient lumière », de Georges Braque et celle, bien connue, de Leonard Cohen : « There’s a crack in everything, that’s how the light gets in. »

 

Aujourd’hui, elle est devenue l’auteure qu’elle enviait, enfant, grâce à son recueil de nouvelles. « Écrire est un acte de communion avec soi qui permet de connecter avec les autres. C’est à la fois personnel et universel. Je m’exprime sans censure, je dénonce, je mets de l’avant des idées et je souhaite qu’elles aient un impact positif sur la société. » Mariko a commencé son manuscrit il y a huit ans, mais elle a pris de longues pauses durant le travail, car le sujet est très intense. Adorant le processus de création, elle avance avec détermination et courage parce que son besoin d’écrire est viscéral.

 

L’écriture comme exutoire

« Quand j’ai commencé à travailler à mon manuscrit, le sujet — l’inceste, la pédophilie, le viol — était tabou. Ça l’est moins, alors je vais m’inscrire dans la tendance. Je ne crois pas qu’il peut y avoir trop d’ouvrages sur ce sujet. On ne pourra jamais assez en parler. » Comme le sujet englobe bien des problématiques et plusieurs aspects, les possibilités de Mariko sont multiples. « Chacune de mes nouvelles adopte un point de vue différent, pour aborder le sujet sous tous ses angles. Ça m’oblige à aller chercher plus loin. C’est comme un cube Rubik que je tourne et retourne pour essayer de comprendre. C’est ma façon de laisser une trace de mes observations, de mes apprentissages. J’ai peur qu’on m’oublie. J’ai eu un accident de voiture il n’y a pas si longtemps, et je me suis dit : si j’étais morte là, aurais-je été satisfaite de ma vie? Bien sûr que non : je n’ai toujours pas publié de livre! L’écriture me permet de laisser une part de moi. Ça m’apporte un sentiment d’accomplissement. Je pourrai dire : enfin, on m’a comprise. »

 

En vrac

 

Tu te sens reconnaissante pour
Les gens qui m’entourent, qui me soutiennent, qui m’encouragent à avancer, qui contribuent à mon épanouissement.

 

5 choses à faire plus souvent

Voyager, cuisiner, écrire (!), conduire, laisser mon corps exulter (danse, yoga, vélo)

 

Les petits riens qui te rendent heureuse

Un pique-nique entre amis l’été

Lire en buvant un chocolat chaud l’hiver

M’asseoir dans un parc et écrire

 

Ce que tu dirais à la Mariko de 18 ans

Fonce, fille, sois fière de toi, crois en toi, tu mérites le bonheur, aies pas peur d’écrire ce que tu as envie de dire!

 

Une chose dont tu veux toujours te rappeler

La joie des premières fois

 

Ce qui est indispensable à ta vie

La créativité. Sans ça, ce serait plate!

 

Ce dont tu es le plus fière

De mon progrès, de mes démarches pour avancer. De ma lumière que j’apprends de plus en plus à faire briller.

Cette lumière, Mariko la diffuse aussi bien dans ses écrits que dans sa vie, à sa manière si particulière : aussi douce qu’éclatante.

 

Anne-Marie Desbiens

 

Un dernier texte avant les vacances

Un dernier texte avant les vacances, qui a pour cadre l’Isle-Verte, dans le Bas-Saint-Laurent. Une invitation au voyage. Entendez-vous l’appel du large? Bonnes vacances à tous et bonne lecture!

L’adolescence, comme tous les passages de la vie, est chargée d’intensité et d’émotions, pas toujours facile à départager. Dans ces moments charnières, les questions sont nombreuses. Et les réponses ne sont pas toujours celles que l’on attend…

Pour lire le texte Mal de mère de Anne-Marie, cliquez ici.

Derrière le rideau

 

À part l’écriture, le théâtre est l’autre passion qui nourrit Anne-Marie. Elle y a joué pendant plus de 15 ans. Voici quelques moments précieux blottis dans son cœur, des instantanés de loge, de coulisses, de salle de répétition : l’envers du décor.

Si le théâtre est l’art de l’éphémère, voici sa façon de le rendre immortel…

 

Cliquez sur le lien suivant pour lire le texte: Derrière le rideau.

 

La saison de l’éveil

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Devant le spectacle de la première neige, la plupart des enfants applaudissent d’excitation en sautant de joie car ils s’imaginent déjà les jeux qu’ils y feront. Cependant, de nombreux adultes lâchent un juron à la vue des premiers flocons.

Vous trouvez la neige laide, inutile et encombrante? L’histoire d’Anne-Marie réussira peut-être à vous faire changer d’avis.

Pour lire la magnifique histoire écrite par Anne-Marie sur la première neige, cliquez sur le lien suivant: La saison de l’éveil.

Mes lettres de refus

« Le bonheur, c’est de réaliser sa nature profonde. » – Spinoza
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Ça y est. Après 4 années de travail, 232 pages, 66 243 mots, une douzaine de reprises du début de mon roman et des centaines de dollars versés en ateliers littéraires de toutes sortes, JE SUIS PRÊTE. Armée de ma détermination, de ma patience et de ma foi – ou serait-ce plutôt de l’entêtement, de l’aveuglement, de la crédulité?-, je prépare l’envoi de mon manuscrit. Quelques mois plus tard, la première lettre de refus m’arrive. VLAN!

Je l’ai imprimée et je l’ai rangée dans ma filière rouge. Je n’étais pas découragée. Après tout, il s’agissait d’un seul refus. Je ne suis pas si naïve, je sais pertinemment bien – et on me l’a assez répété! – que c’est doooon difficile d’être édité pour un premier roman et que les éditeurs reçoivent tellemeeeeent de manuscrits. Mais j’ai continué d’y croire. Selon la philosophie taoïste :
«Il y a une sorte d’émerveillement, de foi en la vie qui est utile au bonheur.»

La deuxième lettre m’est arrivée par courriel. Qui disait sensiblement la même chose. OK, me suis-je dit, ça semble être un modèle assez générique… L’évidence me frappe : l’ont-ils seulement LU?

Le temps passe, la terre continue de tourner sur son axe, je ne suis pas pressée. Et voilà la troisième. Le ton est poli, presque courtois. Je ne perds pas espoir.

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Bon. Puisqu’on précise qu’il ne s’agit pas d’un « jugement négatif », je vais le croire. Je redresse donc les épaules et je m’occupe de mon chat, mes plantes, ma fille, mon travail, ma vie. Je vaque, je vaque. Et arrive la quatrième lettre. Je commence à prier m’endurcir. Je pense à J.K. Rolling qui a accumulé sept refus. À Stephen King qui empalait rageusement ces lettres sur un clou, piqué dans un mur à proximité de sa table de travail, bien en vue. Je répète en boucle mon nouveau mantra : ne pas me dé-cou-ra-ger.

Et puis c’est le silence. Juste au moment où je me dis que c’est bon signe, que « cette attente bien involontaire de notre part » veut peut-être dire que mon manuscrit s’est enfin retrouvé sur la table de chevet des membres du comité de lecture… la cinquième lettre se pointe. Cinq! Un chiffre symbolique. Un nombre premier. Est-ce un avertissement des dieux? Que dit mon horoscope? Que me réserve la pleine lune? Les tarots? Je commence à avoir peur quand je me rends à la boîte aux lettres.

Je n’ose plus sortir, redoutant  LA question que l’on me pose à intervalle régulier (parce qu’évidemment, j’ai avisé TOUT mon réseau social – virtuel et réel – que je cherchais un éditeur) : Piiiiiiiis? Ton romaaaaaaaaaan ?

Et je reçois la sixième lettre. Là, j’ai un coup au cœur. Je doute de moi, je doute de tout. « Mais qu’est-ce que je suis venue faire dans cette galère? » comme dirait Molière. Je me dis que je viens de franchir un cap, que ce n’est pas bon signe. C’est comme vieillir : 35 ans, 45 ans, 55 ans, ça passe. Mais 36, 46, 56? Le versant descendant, le début de la fin! J’ai l’impression d’avoir franchi un cap, de me diriger lentement (mais sûrement?), vers… LA DIZAINE!!! Autant dire L’ÉCHEC ULTIME DONT L’ON NE SE REMET JAMAIS.

Je me calme le pompon quand je me rends compte que, ô joie!, on me donne de petits commentaires positifs, sur lesquels je me jette comme la misère sur le pauvre monde…

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Et j’en suis là. Avec leurs sentiments les meilleurs. J’attends une dernière réponse avant de préparer un nouvel envoi. Je soupire, hausse les épaules et me souviens de cette citation de Frédéric Lenoir : « Un des obstacles au bonheur, c’est d’être en contrôle permanent. »
J’ouvre mes mains. Je laisse aller.

Évidemment, j’aimerais mieux recevoir l’appel d’un éditeur intéressé qu’une autre lettre de refus… Mais si ça se produit, je vais quand même persister (me cramponner?). Ça n’a plus la même importance depuis que j’ai commencé un… non, DEUX autres romans! L’un est sombre et poignant, l’autre, léger et sarcastique. Entre les deux, je m’amuse follement et écrire me rend si légère et heureuse. Je me demande si les éditeurs aussi ressentent de la joie et de la légèreté…

Pour l’instant, je n’ai ni pouvoir ni argent (ni avenir littéraire), mais quand je me présente devant mon manuscrit et que mon esprit déploie ses ailes, j’oublie ma filière rouge. Et les six refus qu’il y a dedans.

Anne-Marie Desbiens