Les écrivains qui m’ont inspirée à écrire

Êtes-vous de ceux qui ont toujours voulu écrire, sans jamais oser se lancer ? Si c’est le cas, vous n’avez peut-être pas seulement besoin d’encouragement, mais aussi d’ouvrages inspirants remplis de conseils et d’exercices. J’avais envie de partager avec vous ces bouquins qui ont nourri ma passion grandissante avant d’entamer mon projet. Peut-être vous pousseront-ils à aller de l’avant à votre tour.

 

 « Journal d’un écrivain en pyjama » de Dany Laferrière

On ne peut aborder ce sujet sans mentionner Laferrière et son « Journal d’un écrivain en pyjama ». Il y relate une série d’anecdotes sur son quotidien et sur tous les aspects de la vie d’écrivain, tout en donnant aux lecteurs de nombreux conseils pour écrire. Il parle aussi beaucoup de lecture : parce que l’écrivain est d’abord un lecteur, mais un bon lecteur peut faire un mauvais écrivain. Comme dans ses romans, ces courts textes nous donnent matière à réflexion. Il écrit avec simplicité, et on sent toujours la joie qu’il éprouve à remplir ses fonctions d’écrivain.

 « L’écriture créative » de Josette Carpentier 

Dans « L’écriture créative », vous trouverez quatre-vingt exercices pratiques vous permettant d’explorer votre créativité. Il s’agit d’un excellent point de départ pour toute personne désireuse d’améliorer ses aptitudes à jouer avec les mots. Chaque exercice est illustré d’un exemple, souvent des textes humains et touchants qui font sourire.

 « Pourquoi créer ? » de Pierre Bertrand 

Il peut paraître étrange de mentionner un professeur de philosophie dans un billet sur l’écriture. Cependant, Pierre Bertrand parle ici de la création d’un livre en la comparant à celle de la toile d’un artiste-peintre. Son ouvrage pourrait inspirer tous ceux ayant un projet d’écriture, littéraire ou non. L’auteur expose son point de vue sur la création artistique en général : elle est importante, dit-il, car elle est reliée à la vie. Ainsi, tout blocage dans son manuscrit reflète un problème dans sa propre vie, et vice versa.

« Les italiques jubilatoires » de Natalie Goldberg

Si, comme moi, vous avez tendance à mettre les écrivains sur un piédestal, si vous êtes persuadé que jamais il ne vous serait possible d’oser espérer leur ressembler ou d’atteindre leur talent, alors lire un ouvrage de Goldberg vous serait bénéfique. Cette professeure de création littéraire insiste sur la nécessité d’intégrer l’écriture à sa routine, d’en faire une pratique assidue, et d’écrire d’innombrables brouillons avant de réussir un chef-d’œuvre. Mais que oui, c’est possible. En d’autres mots, le talent littéraire n’est pas inné : il faut s’exercer sans relâche pour y arriver.

Un autre principe extrêmement important de son enseignement est celui d’accueillir sans jugement ce qui sort de votre plume. Elle suggère aux apprentis de laisser leur main en mouvement constant sur le papier, sans prendre le temps de s’arrêter pour se relire ni biffer afin de ne pas freiner l’élan créatif. En écrivant continuellement, affirme-t-elle, quelques bonnes phrases surgiront.

 « Libérez votre créativité » de Julia Cameron

Cameron m’a grandement encouragée, tout le monde a le droit à sa voix, insiste-t-elle. Oui, je peux aborder les thèmes qui me tiennent à cœur, rien n’est trop tabou. Il s’agit d’un acte à accomplir d’abord pour soi. J’adore son ton positif et encourageant. Elle explique : « Nous devrions écrire parce que ça fait partie de la nature humaine. » Et « écrire, c’est comme respirer. » N’avons-nous pas tous besoin de nous exprimer, de laisser aller notre créativité ?  Il ne peut en ressortir que du positif.

Cameron est même un peu spirituelle. Selon elle, l’art de la création littéraire nous relie à quelque chose de plus grand que soi. Pour sentir cette connexion de manière plus prononcée, elle nous suggère de nous éloigner du clavier et d’écrire à la main.

 

C’est à ces auteurs que je retourne lorsque je doute de mon talent, ou que je manque d’enthousiasme. D’ailleurs, je compile mes citations préférées dans un carnet (les curieux pourront les lire ici).

Avez-vous aimé mes suggestions de livres ? Lequel vous attire le plus ? Je vous invite à me laisser vos suggestions dans la boîte de commentaires ci-dessous. C’est avec plaisir que je ferai de nouvelles découvertes.

 

Mariko Beaupré

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Écrire, une corvée?

J’essaie d’imaginer les efforts incommensurables que devaient déployer nos ancêtres de la préhistoire pour graver quelques phrases dans la pierre. Même au Moyen-Âge, lorsque les scribes écrivaient à la plume sur leur parchemin, l’écriture demeurait fastidieuse. Aujourd’hui, grâce aux progrès technologiques de l’ère informatique, on pourrait croire que l’écriture n’a rien de difficile, que ça se fait tout seul. Hélas ! Ce n’est pas mon cas !

Pourquoi je n’ai pas terminé mon projet d’écriture

Lorsque je fais le bilan de ma vie, une question revient souvent : pourquoi n’ai-je toujours pas terminé mon projet de manuscrit démarré il y a 8 ans ? Bien sûr, je m’y suis consacrée à temps perdu, j’ai été aux études pendant longtemps, j’ai travaillé pour gagner ma vie (et je travaille encore !), sans compter les périodes où je n’étais pas du tout inspirée. Et surtout, il y a eu tant de blocages à surmonter.

Ma peur de publier

Pour être entièrement honnête, je vous dirais que j’ai eu plusieurs blocages qui nourrissaient ma peur de publier.

Il y a d’abord eu le syndrome de l’imposteur et la peur de ne pas être à la hauteur : qui suis-je pour me proclamer écrivaine ? Personne ne va me lire, je ne suis pas assez connue, je n’ai aucun talent.

Ensuite, la peur du jugement. La peur d’être incomprise, rejetée, mal-aimée. La peur qu’on me trouve inintéressante, trop déprimante, trop intense, trop sombre, la peur qu’on se moque de mon écriture, qu’on me pense folle, ou pire, qu’on pense que je suis identique à mes personnages.

Puis, la peur du cataclysme que la publication pourrait créer dans ma vie. La peur que des inconnus me connaissent trop. La peur de révéler sans le vouloir une part très intime de moi.

Enfin, et surtout, il y a eu la peur de créer du malaise chez mes lecteurs (la pire des émotions selon moi). La peur d’être trop lourde et de déprimer les gens au lieu de leur transmettre réconfort et espoir. La peur de rajouter du drame dans la vie des gens qui ont déjà trop souffert, la peur d’ajouter des histoires d’horreur dans un monde qui en contient déjà trop.

Puis est venue la révélation : j’ai le droit d’exister, d’être moi-même et d’oser écrire ce que j’ai envie. Mes peurs m’ont déjà empêchée de faire trop de choses dans ma vie.

Mais maintenant que je suis passée par-dessus ces blocages, le lion qu’il me reste à dompter, la principale raison à cette lenteur de production, c’est mon manque de discipline.

Il ne faut pas se leurrer : bien que l’écriture apporte son lot de joie, cette activité demande tout de même des efforts, beaucoup d’efforts. Écrire un recueil de nouvelles exige du travail, et qui dit travail dit discipline.

Mes résolutions

J’ose à peine l’avouer, mais je suis la procrastineuse par excellence. Je trouve difficile de m’asseoir et de commencer. Une fois la première phrase écrite, le reste vient généralement plutôt facilement. J’ai pris comme résolution de terminer l’écriture de mon projet à la fin juin 2018, et pour y arriver, j’ai dressé la liste des éléments qui m’aideraient à m’atteler à la tâche.

  • Me faire une boisson chaude : chocolat chaud, thé ou café latté, avec ou sans biscuit, gâteau ou tartine
  • M’installer dans un café ou un autre coin tranquille, loin des distractions comme la télévision, le téléphone, internet
  • Allumer des chandelles pour créer une ambiance sacrée
  • Écrire avec des amies et leur partager mes blocages
  • M’inscrire à un atelier d’écriture ou consulter une coach
  • Relire mes citations sur l’écriture (j’en parle ici)
  • Me fixer un moment dans la semaine, une plage horaire dédiée à mon manuscrit. Par exemple, ne rien planifier d’autre le mardi après-midi ou le dimanche matin.

Écrire demande de faire l’effort de s’installer : écran et clavier, ou feuille et crayon, peu importe, il faut s’asseoir et avoir la patience d’attendre que les idées surgissent. Pour moi, les scènes apparaissent sous forme d’images. Lorsque je les capte, il me reste simplement à les convertir en mots. Mais pour y arriver, il faut de la discipline, du silence, de la patience, et la volonté d’écouter ce qui cherche à s’exprimer.

C’est vrai, j’aime rêvasser. Mais pour publier un livre, il ne suffit pas de rêver d’écrire. Fini, la procrastination !  Je terminerai mon manuscrit cet été. J’adore la satisfaction qui me gagne chaque fois que je termine l’écriture d’une nouvelle. On ne peut nier qu’écrire demande des efforts, mais quelle joie quand on réussit à trouver les mots justes ! Je ne peux qu’imaginer l’intensité du sentiment d’accomplissement que j’éprouverai en mettant le point final à mon manuscrit. Ce sera ma source de motivation dans les prochains mois.

Mariko Beaupré

Portrait de l’auteure Mariko Beaupré, la guerrière tendre

J’ai fait la connaissance de Mariko lors d’un cours intensif de textes de création. Cette grande jeune femme m’avait d’abord intriguée par son engagement passionné dans les discussions et par l’intensité de ses textes, qu’elle lisait avec une grâce ingénue malgré des thèmes difficiles et dérangeants. Mais c’est avec ses haïkus qu’elle m’a définitivement conquise, petits poèmes remplis d’humour savoureux et d’une force implacable.

Voilà la magie de son écriture, que j’appelle « la petite musique de Mariko » : des mots qui s’égrènent avec douceur et qui, sans en avoir l’air, finissent toujours par nous asséner un direct en plein cœur.
Voilà maintenant l’auteure, benjamine des Filles du café, que j’appelle secrètement « La guerrière tendre ». Parce que sa grande douceur côtoie une force de résilience impressionnante. Et que sous son rire cristallin se cache le cri d’une combattante.

 

Écrire pour dire et embellir la vie

« J’ai commencé à écrire à l’été de mes 11 ans. Je tripais sur les Indiens, alors j’ai commencé à écrire une histoire d’Amérindiens, une histoire de vengeance, dans laquelle le héros menait une quête solitaire. Puis, un poème sur la neige, sur la beauté de la neige, qui était embellie par mes mots. J’ai alors compris que l’écriture permet d’amplifier les émotions, les rendre visibles pour les autres. »

 

La lecture est au centre de la vie de la fillette, elle va même jusqu’à lire très tard dans la nuit, en cachette sous les couvertes avec une lampe de poche… comme dans les livres! Anne aux pignons verts devient son livre culte. « C’est la première fois que la lecture me proposait un monde plus intéressant que la vie! » Et Mariko avoue qu’elle s’identifie de bien des façons à l’héroïne. « J’ai grandi avec six frères, alors j’ai, comme elle, voulu prouver que j’étais aussi bonne que les gars. Ça a d’ailleurs alimenté mon côté féministe (sourire).  Sa touche humaine, son romantisme, sa façon de vivre dans sa tête, c’est moi tout craché! Je me suis retrouvée également dans son exaltation, son idéalisme. »

 

Collectionneuse de mots

Les mots la fascinent tant qu’elle collectionne ceux des autres, qu’elle consigne dans son carnet de citations. « Je collectionne les mots comme d’autres les papillons. Mon carnet regorge de phrases qui me touchent, qui résonnent tellement vraies! Ça m’impressionne de voir que des gens ont trouvé les mots pour décrire la façon dont je me sens exactement. Ça me rassure. » Parmi ses préférées : « L’art est une blessure qui devient lumière », de Georges Braque et celle, bien connue, de Leonard Cohen : « There’s a crack in everything, that’s how the light gets in. »

 

Aujourd’hui, elle est devenue l’auteure qu’elle enviait, enfant, grâce à son recueil de nouvelles. « Écrire est un acte de communion avec soi qui permet de connecter avec les autres. C’est à la fois personnel et universel. Je m’exprime sans censure, je dénonce, je mets de l’avant des idées et je souhaite qu’elles aient un impact positif sur la société. » Mariko a commencé son manuscrit il y a huit ans, mais elle a pris de longues pauses durant le travail, car le sujet est très intense. Adorant le processus de création, elle avance avec détermination et courage parce que son besoin d’écrire est viscéral.

 

L’écriture comme exutoire

« Quand j’ai commencé à travailler à mon manuscrit, le sujet — l’inceste, la pédophilie, le viol — était tabou. Ça l’est moins, alors je vais m’inscrire dans la tendance. Je ne crois pas qu’il peut y avoir trop d’ouvrages sur ce sujet. On ne pourra jamais assez en parler. » Comme le sujet englobe bien des problématiques et plusieurs aspects, les possibilités de Mariko sont multiples. « Chacune de mes nouvelles adopte un point de vue différent, pour aborder le sujet sous tous ses angles. Ça m’oblige à aller chercher plus loin. C’est comme un cube Rubik que je tourne et retourne pour essayer de comprendre. C’est ma façon de laisser une trace de mes observations, de mes apprentissages. J’ai peur qu’on m’oublie. J’ai eu un accident de voiture il n’y a pas si longtemps, et je me suis dit : si j’étais morte là, aurais-je été satisfaite de ma vie? Bien sûr que non : je n’ai toujours pas publié de livre! L’écriture me permet de laisser une part de moi. Ça m’apporte un sentiment d’accomplissement. Je pourrai dire : enfin, on m’a comprise. »

 

En vrac

 

Tu te sens reconnaissante pour
Les gens qui m’entourent, qui me soutiennent, qui m’encouragent à avancer, qui contribuent à mon épanouissement.

 

5 choses à faire plus souvent

Voyager, cuisiner, écrire (!), conduire, laisser mon corps exulter (danse, yoga, vélo)

 

Les petits riens qui te rendent heureuse

Un pique-nique entre amis l’été

Lire en buvant un chocolat chaud l’hiver

M’asseoir dans un parc et écrire

 

Ce que tu dirais à la Mariko de 18 ans

Fonce, fille, sois fière de toi, crois en toi, tu mérites le bonheur, aies pas peur d’écrire ce que tu as envie de dire!

 

Une chose dont tu veux toujours te rappeler

La joie des premières fois

 

Ce qui est indispensable à ta vie

La créativité. Sans ça, ce serait plate!

 

Ce dont tu es le plus fière

De mon progrès, de mes démarches pour avancer. De ma lumière que j’apprends de plus en plus à faire briller.

Cette lumière, Mariko la diffuse aussi bien dans ses écrits que dans sa vie, à sa manière si particulière : aussi douce qu’éclatante.

 

Anne-Marie Desbiens

 

Le poids de la honte, un texte de Mariko

Cette semaine, Mariko nous offre un texte qui tombe à point avec la vague de dénonciations d’agressions et harcèlements sexuels des derniers jours.

Ce beau texte nous raconte l’histoire d’une victime qui fait tout ce qu’elle peut pour se relever. Une survivante courageuse qui vous inspirera. Impossible de rester insensible à ce partage. À lire absolument.

Pour lire la nouvelle de Mariko, cliquez sur ce lien: Le poids de la honte.

Mariko interviewe Annie

Dans le cadre de notre série d’entrevues des Filles du café littéraire, c’est aujourd’hui le tour de Mariko de nous présenter l’une des nôtres. Elle nous décrit avec affection notre chère Annie.

Pour lire l’entrevue faite et rédigée par Mariko, cliquez sur ce lien: Annie. Ceux qui connaissent déjà Annie reconnaîtront bien cette femme sensible et lumineuse.

Bonne lecture!

Ville de droitiers, un texte de Mariko

Vous est-il déjà arrivé d’être témoin de la détresse d’un inconnu? Si vous êtes pressé et que vous croisez un étranger qui a besoin d’aide, qui est victime d’une agression ou d’une autre injustice, aurez-vous le réflexe de lui porter secours?

Mariko nous raconte une histoire qui illustre comment l’attitude d’une seule personne peut tout changer. Cette lecture ne laissera personne indifférent.

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Pour lire la nouvelle de Mariko intitulée Ville de droitiers, cliquez sur ce lien: Ville de droitiers.

Et si le coeur vous en dit, n’hésitez pas à nous laisser un petit commentaire en bas de page! Nous aimons vous lire.